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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 13:20

Un livre à déguster à la lueur d'une lampe à huile.

Ce n'est pas une provocation de ma part afin de vous inciter à la lecture, non. Attention, ce livre n’est ni un manuel de décroissance ni un éloge de l’ancien temps. Il traite seulement de la façon « de voir » les objets de notre quotidien, du comment un éclat permet de « les deviner », du rapport qu'il existe entre la matière d’un contenant et le contenu. Le livre, publié en 1933, a été écrit à l’époque de grandes transformations pour le Japon, par exemple celle du passage de l’éclairage au gaz vers le tout électrique, avec le gaspillage, déjà, qui allait avec :

 

M. Yamamoto avait accompagné naguère le professeur Einstein lors de son voyage à Kyôto ; le train traversait les environs d’Ishiyama quand le professeur, qui par la fenêtre regardait le paysage, lui dit : « Tiens ! On n’est guère économe par ici ! » Prié de s’expliquer, il lui désigna du doigt un poteau électrique qui portait une lampe allumée en plein jour. […] Il n’en semble pas moins vrai que par comparaison, sinon avec l’Amérique, mais avec l’Europe en tout cas, le Japon use de l’éclairage électrique sans compter.

 

Ce livre est une réflexion sur la société japonaise, une société dont l’auteur regrette l’occidentalisation rapide. Il prend pour exemple la maison qu’il est en train de se faire construire. Les pièces sont décrites, plus encore, ce sont les effets d’ombre et de lumière de telle ou telle matière ou couleur qui sont analysés en fonction de leur destination. Rien n’échappe à l’irruption de l’ampoule, même les toilettes japonaises, dont Tanizaki nous donne une description « chirurgicale ».

Sont également analysés des objets comme le papier blanc européen qui s’accorde au stylo et aux caractères latins de l’écriture, mais guère à la plume et aux idéogrammes. Le phonographe, la radio, outils mécaniques de reproduction du son sont aussi critiqués :

 

Dans l’art oratoire, nous évitons les éclats de voix, nous cultivons l’ellipse, et surtout nous attachons une importance extrême aux pauses ; or dans la reproduction mécanique du discours, la pause est totalement détruite.

 

Les conclusions qu’en tire Tanizaki sont que les japonais eussent suivi leur voie, ces objets, du plus simple au plus complexe, auraient été différents dans la forme ou l’aspect ; peut-être même n’eussent-ils pas existés.

Tanizaki a parfois des opinions personnelles qui sont celles de son temps, nous pouvons ne pas les partager, voire en condamner certaines, sur les femmes entre autre, mais l’ensemble reste un traité sur le dépouillement afin de laisser la place à l’absence, au vide, à l’obscurité.

 

Quelle peut-être l’origine d’une différence aussi radicale dans les goûts ? Tout bien pesé, c’est parce que nous autres, Orientaux, nous cherchons à nous accommoder des limites qui nous sont imposées que nous nous sommes de tout temps contentés de notre condition présente […] Les Occidentaux par contre, toujours à l’affût du progrès, s’agitent sans cesse à la poursuite d’un état meilleur que le présent. Toujours à la recherche d’une clarté plus vive, ils se sont évertués, passant de la bougie à la lampe à pétrole, du pétrole au bec de gaz, du gaz à l’éclairage électrique, à traquer le moindre recoin, l’ultime refuge de l’ombre.

 

 

Tanizaki Junichirô – Éloge de l'ombre

Traduit du japonais par René Sieffert

Tanizaki-eloge-de-l-ombre

Par jp - Publié dans : Lecture
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Réflexion

" En 1970 quand j’étais petit garçon, nous n’avions pas de croissance de population pas de revenus du tout. Il n’y avait ni investissement ni service, mais nous étions heureux. Nous avions une alimentation de qualité et tout ce que nous désirions de la nature. Avec l’arrivée des projets de développement, les Dayaks ont été marginalisés et les richesses collectives ont été remplacées par les richesses individuelles. "
Stephane Djuweng, Anthropologue issue du peuple Dayak

Colonisation

" Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre. Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. "

Sitting Bull, grand chef Sioux (1831 – 1890)
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