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  • : Association pour la Décroissance Conviviale
  • : L'ADC est une association née pendant l'été 2006 à Orléans. Elle a pour objet de promouvoir et diffuser l'idée de décroissance conviviale. Pour plus d'informations, allez sur la page "Qui sommes-nous ?". Si vous souhaitez être régulièrement tenu au courant de nos activités, envoyez-nous un mail à l'adresse inscrite en bas de la page
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Voici quelques liens vers des associations locales qui proposent des actions, des services, des informations... qui vont dans le bon sens.

Attac45 nous a pris de court et l'a déjà réalisé, le voici : (vous retrouverez certains liens disponibles ci-dessous)

L'annuweb d'Attac45

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Réflexion

" En 1970 quand j’étais petit garçon, nous n’avions pas de croissance de population pas de revenus du tout. Il n’y avait ni investissement ni service, mais nous étions heureux. Nous avions une alimentation de qualité et tout ce que nous désirions de la nature. Avec l’arrivée des projets de développement, les Dayaks ont été marginalisés et les richesses collectives ont été remplacées par les richesses individuelles. "
Stephane Djuweng, Anthropologue issue du peuple Dayak

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Colonisation

" Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre. Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. "

Sitting Bull, grand chef Sioux (1831 – 1890)
7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 13:09

 

Beauté fatale – Mona Chollet

Les nouveaux visages d'une aliénation féminine.

 

« Autant l’admettre : dans une société où compte avant tout l’écoulement des produits, où la logique consumériste s’étend à tous les domaines de la vie, où l’évanouissement des idéaux laisse le champ libre à toutes les névroses, où règnent à la fois les fantasmes de toute-puissance et une très vieille haine du corps, surtout lorsqu’il est féminin, nous n’avons quasiment aucune chance de vivre les soins de beauté dans le climat de sérénité idyllique que nous vend l’illusion publicitaire. Pourtant, même si l’on soupire de temps à autre contre des normes tyranniques, la réalité de ce que recouvrent les préoccupations esthétiques chez les femmes fait l’objet d’un déni stupéfiant. L’image de la femme équilibrée, épanouie, à la fois active et séductrice, se démenant pour ne rater aucune des opportunités que lui offre notre monde moderne et égalitaire, constitue une sorte de vérité officielle à laquelle personne ne semble vouloir renoncer. »

 

Une citation tirée du livre de Mona Chollet dont le texte intégral est disponible sur le site de l'éditeur (le lien est en fin de billet).

 

Ce livre montre, analyse et démonte les injonctions de comportement faites aux femmes dans différents domaines, ce à travers la publicité, en premier chef, mais aussi au travers des discours sur les femmes, discours souvent le fait des médiasophes hommes et femmes : Bruckner, Habib, BHL, Théry, Badinter...

 

Avec beaucoup d'humour, en sept chapitres, sont passés au peigne fin de la critique aussi bien les modèles « clefs en mains » de féminité que le « triomphe des otaries », ces actrices ou modèles ou porte-manteaux, on finit par ne plus savoir, ces actrices dont les marques se moquent bien des talents sauf à ne voir en elles que la fonction de femmes-sandwichs... La critique porte aussi sur les ravages de l'obsession de la minceur, de la vision d'un corps qui serait « sale » et qu'il faut détoxiquer, nettoyer, maîtriser ; Mona Chollet n'analyse pas ici les revue « bio », seulement la presse féminine, et pourtant il y aurait à dire sur certaines revues « bio » au sujet de l'image véhiculé d'un corps « pur ».

 

Elle analyse aussi les rapports sociaux entre les modèles et la marque, ou plutôt entre les modèles et les personnes qui font la mode. Je dois avouer être tombé de haut au sujet de l'âge des mannequins. Une grande partie de cette analyse sociale de la domination porte sur les mécanismes d'homogénéisation de l'image des femmes, le racisme pour le dire en un mot.

 

Y a t-il un peu d'espoir ? Oui, certains témoignages montrent que certain-e-s échappent à la domination occidentale du regard sur les femmes. Tel couturier japonais désire habiller les femmes pour elles mêmes, pas pour se vendre lui. Une telle, marocaine, explique que dans les traditions de son pays on ajuste les habits aux corps et non l'inverse...

Une autre telle regrette que le discours dominant valorise davantage l'argent facile de la mode et non pas les études ; ainsi, sa sœur s'est trouvée souvent sur-valorisée par sa mère par rapport a elle, la mannequin vaut plus que la cancérologue.

 

L'espoir est dans l'éducation.

 

Beauté fatale
Mona CHOLLET

Vous avez ici gratuitement accès au contenu des livres publiés par Zones. Nous espérons que ces lybers vous donneront envie d’acheter nos livres, disponibles dans toutes les bonnes librairies. Car c’est la vente de livres qui permet de rémunérer l’auteur, l’éditeur et le libraire, et de vous proposer de nouveaux lybers et de nouveaux livres.

 

Lire le livre sur le site de l'éditeur (>fr)

 

Je termine ici par la bande annonce d'un film qui parle d'une époque de croissance certes, où le bonheur conforme faisait des ravages, certes, mais où l'égalité salariale n'était, pardon n'est toujours pas gagnée. Le film parle de cette lutte.

 

 


 
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 00:00

 

Un petit livre important en ces temps d’élections où tout et son contraire sont dits souvent par les mêmes personnes ou groupes de personnes, au gré des vents et des nuages, qui c’est connu depuis Tchernobyl, peuvent s’arrêter aux frontières… du pays, pas de la malhonnêteté.

 

http://www.ressouvenances.fr/WebRoot/StoreLFR/Shops/62046842/4DB6/687B/0096/E80C/56FD/C0A8/29BB/576C/sic-cv-plat-A_m.jpg

Un petit livre sur la manière de voir la catastrophe de Fukushima par le « medialogos », celui qui est dépeint dans le livre « les nouveaux chiens de garde » et le film éponyme actuellement sur les écrans.

 

Je ne vais pas conter le livre, d’autant plus qu’il ne vise pas l’objectivité sur le sujet, non, il pointe seulement le mode de fabrication de l’opinion dominante. C’est un livre dont l’écriture s’est terminée en avril 2011, autrement dit « à chaud », sans recul, sans la distance pour l’analyse.

 

Le livre dénonce la minimisation opérée par le « medialogos » : tant que ce n’est pas Tchernobyl.

À un point tel, que lorsque « les medias » annoncent Tchernobyl, ou plus encore, nous sommes « anesthésiés ».

 

Mauvaise nouvelle, la catastrophe est inéluctable, bonne nouvelle, nous continuons à jouir du confort moderne.

 

Voici un exemple du fonctionnement :

  • Le 15 mars (la catastrophe arriva le 11) : « Nos centrales sont sûres ».
  • 2 jours après : « La France peut en fermer quelques unes parmi les plus vétustes » (NDR : pourtant les plus sûres du monde).
  • Le 26 mars : « Elle ne fermera rien » (NDR : avant même le déroulement des « stress-tests » connus).

Et ainsi sur 115 pages, le livre critique la façon de faire « des médias », rappelle que la CRIIRAD s’est vue fermer l’accès aux données des balises de radioactivité sur l’ensemble de la planète. Il rappelle aussi les quatre temps de l’idéologie pro-nucléaire :

 

« Cela n’arrivera pas, cela surviendra, donc il faut continuer pour s’en prémunir et dès lors, cela n’arrivera pas »

 

Trouvé dans ce livre, ces chiffres du ministère de l’économie :

 

En 1987, les 100 milliards de francs (15 milliards d’euros) mis dans les économies d’énergie firent économiser 3 fois plus de pétrole que les 500 milliards de franc « investis » dans le nucléaire.

 

 

Un livre pour être attentif lors de la diffusion des publicités d'Electricité Nucléaire de France « Grâce à nos centrale nucléaires... », ou encore lors des informations qui annoncent la ré-ouverture de centrale en Allemagne sans préciser le type, nucléaire ? charbon ? et sans dire que c'est pour fournir en courant la France, seul pays d'Europe où la consommation électrique ne baisse pas, seul pays en comparaison de l'Allemagne ou l'Angleterre, où une descente du thermomètre fait exploser la consommation.

_____

 

  • Le blog de Fukushima [ un blog consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde ].
  • Pour lire ce billet en occitan (limousin) cliquez ici.

 

21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:20

Un livre à déguster à la lueur d'une lampe à huile.

Ce n'est pas une provocation de ma part afin de vous inciter à la lecture, non. Attention, ce livre n’est ni un manuel de décroissance ni un éloge de l’ancien temps. Il traite seulement de la façon « de voir » les objets de notre quotidien, du comment un éclat permet de « les deviner », du rapport qu'il existe entre la matière d’un contenant et le contenu. Le livre, publié en 1933, a été écrit à l’époque de grandes transformations pour le Japon, par exemple celle du passage de l’éclairage au gaz vers le tout électrique, avec le gaspillage, déjà, qui allait avec :

 

M. Yamamoto avait accompagné naguère le professeur Einstein lors de son voyage à Kyôto ; le train traversait les environs d’Ishiyama quand le professeur, qui par la fenêtre regardait le paysage, lui dit : « Tiens ! On n’est guère économe par ici ! » Prié de s’expliquer, il lui désigna du doigt un poteau électrique qui portait une lampe allumée en plein jour. […] Il n’en semble pas moins vrai que par comparaison, sinon avec l’Amérique, mais avec l’Europe en tout cas, le Japon use de l’éclairage électrique sans compter.

 

Ce livre est une réflexion sur la société japonaise, une société dont l’auteur regrette l’occidentalisation rapide. Il prend pour exemple la maison qu’il est en train de se faire construire. Les pièces sont décrites, plus encore, ce sont les effets d’ombre et de lumière de telle ou telle matière ou couleur qui sont analysés en fonction de leur destination. Rien n’échappe à l’irruption de l’ampoule, même les toilettes japonaises, dont Tanizaki nous donne une description « chirurgicale ».

Sont également analysés des objets comme le papier blanc européen qui s’accorde au stylo et aux caractères latins de l’écriture, mais guère à la plume et aux idéogrammes. Le phonographe, la radio, outils mécaniques de reproduction du son sont aussi critiqués :

 

Dans l’art oratoire, nous évitons les éclats de voix, nous cultivons l’ellipse, et surtout nous attachons une importance extrême aux pauses ; or dans la reproduction mécanique du discours, la pause est totalement détruite.

 

Les conclusions qu’en tire Tanizaki sont que les japonais eussent suivi leur voie, ces objets, du plus simple au plus complexe, auraient été différents dans la forme ou l’aspect ; peut-être même n’eussent-ils pas existés.

Tanizaki a parfois des opinions personnelles qui sont celles de son temps, nous pouvons ne pas les partager, voire en condamner certaines, sur les femmes entre autre, mais l’ensemble reste un traité sur le dépouillement afin de laisser la place à l’absence, au vide, à l’obscurité.

 

Quelle peut-être l’origine d’une différence aussi radicale dans les goûts ? Tout bien pesé, c’est parce que nous autres, Orientaux, nous cherchons à nous accommoder des limites qui nous sont imposées que nous nous sommes de tout temps contentés de notre condition présente […] Les Occidentaux par contre, toujours à l’affût du progrès, s’agitent sans cesse à la poursuite d’un état meilleur que le présent. Toujours à la recherche d’une clarté plus vive, ils se sont évertués, passant de la bougie à la lampe à pétrole, du pétrole au bec de gaz, du gaz à l’éclairage électrique, à traquer le moindre recoin, l’ultime refuge de l’ombre.

 

 

Tanizaki Junichirô – Éloge de l'ombre

Traduit du japonais par René Sieffert

Tanizaki-eloge-de-l-ombre

15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 12:02

C'est l'histoire d'une famille qui veut réduire son impact environnemental.

C'est l'histoire d'un type qui, au lieu de regarder ce que font, ou ne font pas les autres, décide un jour de faire.

C'est l'histoire d'une année passée quasiment sans gaspillage ; un an passé à analyser les mécanismes qui nous ont conduits devant des poubelles qui débordent.

C'est l'histoire de Colin Beavan qui vit au coeur de Manhattan, au 9ème étage et qui entraîne sa femme, sa fille et le chien dans le défi : « No impact man ».

 

Ce livre, disponible dans notre bibliomutuathèque, se dévore comme un roman d'aventure. Un roman dans lequel sont contées les joies et les peines de vivre une alternative au sur-consumérisme. Sont exposées aussi des propositions concrètes pour sortir des crises environnementales et économiques, ou au moins des débuts de solutions : les couches lavables, manger local, préparer des repas végétariens, la trottinette ou le vélo, couper le courant sont des actions qui « marchent », alors que l'alternative au réfrigérateur, le filet à provision, le compost sont des expériences qui marchent un peu moins, dans le livre.

 

Le livre se veut un juste témoignage sur une expérience familiale, ce n'est ni un guide, ni un catalogue du parfait décroissant (je ne sais pas si ce mot a un sens aux USA). L'intérêt de le lire est de faire naître des questions, de chercher, de douter et d'appliquer des solutions pérennes.

  • Pour lire le blog de l'auteur (en anglais), c'est ici.
  • Le projet éducationnel (en anglais), c'est ici.

Le livre est très bien, le film éponyme n'est pas mal non plus pour une projection familiale et débattre de l'expérience. Il reprend la trame de l'expérience tout en commençant par la présentation dans les médias américains de Colin comme l'homme qui « prive » sa famille de télévision, d'ascenseur, de voiture, de fast-food, de café... comme l'homme qui n'utilise plus de papier toilette, autrement dit, il est présenté comme une caricature, un anti-modèle anti tout. 

 

 

Dans les bonus du dévédé il y a des petits éclairages par exemple sur les « freegans », sur comment faire son vinaigre, se déplacer en vélo... très urbains, certes, mais encore une fois, c'est un témoignage, pas un guide, d'autant plus que l'auteur lui même ne s'applique pas l'ensemble de ses idées (suremballage carton du dévédé par exemple). 

no-impact-man.jpg

 

'Queu bilhet es estat revirat ne'n occitan (lemosin) 'quí.

31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 23:00

Je rentrais avec le livre sous le bras alors que l'émission de radio « la Librairie Francophone » multipliait les précautions oratoires concernant ce livre, comme s'il était porteur d'une mutation microbienne, sommant Iegor Gran, son auteur, d'assumer ses propos.

Peine perdue pour ma pomme, une Golden ? Je l'ai dévoré tout cru.

La présentation radiophonique pointe un côté climato-sceptique, forcément sulfureux, présent dans ce livre quand celui-ci traite principalement des mécanismes qui ont mis fin à une amitié de vingt ans. L'auteur décortique le discours de son ami et de quelques autres qui défendent l'idéologie du « catastrophisme climatique ». Il analyse comment un simple « petit geste pour la planète » devient une injonction dans la bouche de son ami ou une quasi religion dans sa copropriété.

Dans ce récit autofictionnel, l'auteur met en scène le burlesque de sa vie dans l'immeuble entre « sa crotte » de petit rebelle pour caricaturer les écolos ou encore sa participation désastreuse à la cérémonie des cartons, le jeudi.

Oui Iegor Gran est de « mauvaise foi » dans sa façon de décrire nos travers quotidiens ! Et alors ? Le ton utilisé est celui de la provocation gratuite afin de faire naître un rire salvateur. Le rire et la culture ne sont pas le propre des humains depuis longtemps, mais ils contribuent largement à l'épanouissement de ces derniers.

Concernant le franchissement du point Godwin°, autre critique du livre, l'auteur nous rappelle que c'est Al Gore qui le premier a fait la comparaison avec le régime totalitaire.

Un bémol cependant au livre, ce sont les notes de bas de pages, amusantes au début, elles deviennent vite pénibles.

En sus des 20 chapitres, l'article source de la brouille est offert en bonus. C'est l'article publié et censuré par Libération lors de la grand messe « home ».

 

° La loi de Godwin dit que plus une discussion s'allonge sur internet ou ailleurs, plus la probabilité que la seconde guerre mondiale soit évoquée est forte (nazis, camp de concentration, etc.). Quand cela arrive, on dit que la discussion a atteint le point Godwin, et on considère qu'il est inutile de la poursuivre (quels que soient les arguments avancés).

« Home » dans  « là bas si j'y suis ! »

 

 

22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 22:48

http://www.manga-news.com/public/images/vols/petite_foret_01.jpg

Une lecture pour le coin du feu, idéale en cette saison, et pour changer de la littérature, de la bande-dessinée, et même un manga...

Petite forêt est la traduction de Komori, petit hameau dans le nord du Japon. Là-bas vit Ichiko, une jeune fille qui est revenue habiter son village d'enfance pour y retrouver une qualité de vie, une sérénité, loin de la ville, de ses tracas et de ses amours déçus.

L'histoire se déroule sur 2 tomes et est découpée en chapitres qui correspondent tous à une recette culinaire. En effet, Ichiko aime cuisiner et savourer ce qu'elle prépare à partir de ce qu'elle trouve dans la campagne environnante ou de ce qu'elle cultive elle-même.

Au début, on peut être un peu surpris des premières recettes faites à partir d'ingrédients peu utilisés par chez nous. Par exemple le premier chapitre est consacré au goumi, un arbre dont les truits sucrés termineront en confiture entre les mains d'Ichiko. On poursuit avec une recette de sauce worcester qui utilise du konbu, du sanshô, du mirin, du shôyu et d'autres ingrédients quand même plus commun par chez nous. Heureusement, un lexique à la fin de l'ouvrage explique rapidement à quoi correspondent ces termes exotiques.

Peu à peu, on se fait à ces nouveaux ingrédients et on découvre même qu'au Japon, ils utilisent aussi le sucre , ils connaissent la carotte, le céleri, les châtaignes (voir la page ci-dessous - Attention, il faut lire de droite à gauche)...

http://www.manga-news.com/public/images/vols/petite_foret_02.jpgAu fil des chapitres, Daisuké Igarashi (l'auteur) nous raconte la vie paisible de ce village et de ses habitants qui suivent le rythme des saisons, qui produisent leur nourriture, coupe leur bois, se regroupent autour du poële pour discuter...

On y apprend que la mère d'Ichiko l'a abandonnée quand elle était encore très jeune, mais également beaucoup de petits trucs de cuisine qu'Ichiko a quand même appris avant le départ de sa mère ou qu'elle redécouvre et qui lui font penser à sa mère.

Ces petits trucs sont tout à fait transposables dans notre cuisine occidentale. Ichoko nous donne aussi quelques trucs pour conserver des aliments, les cultiver, les découvrir dans la nature à l'état sauvage.

Entre chaque chapitre, l'auteur nous parle directement de sa propre expérience de la campagne, de ses observations, de ses expérimentations et donnent même quelques photos de ses préparations culinaires.

Vous comprenez pourquoi cet article apparait dans notre site : se réapproprier la cuisine, les ingrédients locaux, cultiver soi-même sa nourriture, la cueillir dans la nature, redécouvrir une certaine forme d'autonomie que notre génération-bouton (on appuit sur un bouton et hop de la lumière, et hop des billets, et hop une canette...) a tendance à un peu trop oublier.

Une lecture que ne renierait vraiment pas Jean-Pierre qui poursuit son challenge Manger local depuis presque un an et dont nous aurons prochainement un bilan.

Je termine en citant deux phrases de l'auteur tirée de la présentation :

J'ai tenté de décrire une autre manière de vivre. Dans une ville, on achète tout, tandis qu'à la campagne, les gens ont un mode de vie autosuffisant, or il est important de savoir d'où provient ce que l'on mange.

 

J'ai rencontré à la campagne des gens qui ont l'espoir de rendre le monde meilleur avec simplicité et optimisme. Comme eux, je pense qu'un autre monde est possible.

Et bien nous aussi !

http://www.bedetheque.com/Planches/petiteforett1_1_.jpg

21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 07:50

Dans la catégorie Lecture, voici Les affranchis Jardiniers d'Annick Bertrand-Gillen.lecture-affranchis-jardiniers-couverture

 

Après avoir lu quelques articles sur le Jardin des marais d'Annick Gillen et Yves Bertrand, je me suis procuré le livre où Annick raconte leur aventure dans le pays de l'autonomie, de la simplicité, de l'authenticité.

Parti de peu et après une période en roulotte, ils décident de se sédentariser et s'installent sur ce morceau de marais de Loire-Atlantique, que petit à petit, ils aménagent de leur bras, de leur créativité, de leurs récupérations diverses pour que ce lieu leur procure ce dont ils ont besoin : un espace de vie, de la nourriture, du bien être...

Ils ont toujours le souci de vivre en harmonie avec le lieu, de ne pas le dénaturer, donc de se plier à ses exigences, à ses contraintes (innondations régulières).

Ce n'est pas pour rien que le sous-titre du livre est "Un rêve d'autarcie". En effet on comprend à la lecture que leur objectif est d'être autonome au maximum, ce qui est synomyme pour eux de liberté. Ils ont pour cela réduit leurs besoins, se contentent de l'essentiel, mais petit à petit, ils ont réussi à atteindre un confort tout à fait convenable à partir de ce qu'ils ont fabriqué eux-même, de ce qu'ils ont récupéré, sans les artifices de la technique, les moteurs et autres gadgets électroniques.

Ils revendiquent leur appartenance à l'objection de croissance et en sont de fiers représentants.

Annick explique et prodigue tout au long du livre des conseils plus ou moins techniques, mais toujours simples et tirés du bon sens sur le jardin, la cuisine, la décoration intérieure et extérieure.

lecture-affranchis-jardiniersLes nombreuses photos du livres donnent envie de leur rendre visite, pour découvrir le goût avec lequel ils ont aménagé ce jardin et décoré leur maison-roulotte. Cette visite est possible et même bienvenue, ils donnent leur adresse à la fin de l'ouvrage.

 

Une lecture apaisante.

 

Ce livre est maintenant disponible dans la Médiathèque mutualisée de l'association.

28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 07:00

 

toambapiks.jpg

 

Voici l'histoire d'une île, une île imaginaire dont le mode de vie est autarcique. La valeur du PIB est nulle puisque les Toambapiks mangent ce qu'ils produisent, pas plus, pas moins. Il y a même une forme de marché, dont la main n'est pas si invisible que cela pour gérer la production.


Tout va bien alors pensez-vous ? Tout « irait » bien si les « producteurs » ne voulaient pas créer de la diversité, pour changer l'ordinaire dans un premier temps, pour accroître les profits ensuite.


Les Toambapiks étaient riches, le seront-ils plus après le passage de l'expert du FMI appelé en conseil pour amener la diversification ? L'exemple donné dans cette fable est bien sur idéalisé, il omet certains paramètres, mais il est suffisamment précis sur les mécanismes économiques mis en oeuvre pour nous enseigner que la manière de « jouer » sur tel ou tel levier de l'économie (salaire, marge...) a des répercutions sur toute la société et ne profite pas à tous, contrairement à certaines affirmation.

 

Ce n'est ni un traité d'économie, ni un cours, seulement comme le dit le sous-titre « une fable qui n'a rien d'une fiction ».

 

L'économie des Toambapiks - Laurent Cordonnier

Une fable qui n'a rien d'une fiction. (Raisons d'Agir)

 

-★-

PS : 'na revirada lemosina (occitan) se pòt legir aquí.

14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:00

 

decroissance.jpgCela aurait pu être « la décroissance pour les nuls » ou encore « la décroissance expliquée à mes enfants », les auteurs ont préféré répondre en 10 points aux questions que ne manquent pas de faire naître ce mot de « décroissance ».


L'ambition du livre est de structurer le débat et non-pas le trancher. C'est pourquoi la part belle est aux idées, inachevées ou en gestation. Le livre laisse de côté la chasse aux sorcières au profit des auteurs, pour ce qu'ils disent, rappellent ou définissent à nouveau. Le livre replace dans leur contexte historique certaines idées politiques comme le « développement durable » ou encore la « croissance verte » ; il en donne par la-même une définition potentielle.


Une des qualités du livre, elles sont nombreuses, est de ne pas couper les citations, et, comme elles sont explicitées dans leur contexte, les propos ne sont pas « déformés » comme le font bien souvent les médias dominants (par exemple, les propos d'Y.Cochet sur le troisième enfant).


Attention, le livre n'est pas un manuel du parfait décroissant, seulement après l'avoir lu, même un chapitre au hasard, lorsque quelqu'un voudra vous disqualifier d'un « vous voulez retourner à l'âge de pierre », vous saurez qu'il est important de sortir de cette opposition stérile, vous saurez quoi répondre ou plutôt, où se trouve une réponse possible.

 

La Décroissance en dix questions - la Découverte

1. Que signifie « décroissance » ?
2. La décroissance, une idée neuve ?
3. Pourquoi pas le « développement durable » ?
4. La décroissance, est-ce la fin du progrès scientifique et technique ?
5. La décroissance est-elle malthusienne ?
6. La décroissance, privation ou joie de vivre ?
7. La décroissance, c’est la récession et le chômage ?
8. La décroissance concerne-t-elle les pays du Sud ?
9. La décroissance n’implique t-elle pas une vision dirigiste et autoritaire de la politique ?
10. Que signifierait concrètement une politique de décroissance ?

 

PS : dans le courrier des lecteurs du journal « la décroissance » n°72, une lectrice s'insurge, à raison, que les auteurs publient dans une maison d'édition appartenant à une multinationale. Ce n'est pas moi qui vais vous dire de le voler, je vous invite donc à le faire commander par vos bibliothèques publiques et ensuite à l'emprunter. Pour les plus audacieux-ses, venez nous rencontrer lors de nos rendez-vous mensuels, adhérez et empruntez le nous.


-★-

PS bis : 'na revirada lemosina (occitan) se pòt legir aquí.

18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 20:00

Le livre nous propose d'aller au delà du film éponyme et de son succès. De fait, si nous retrouvons l'ingrédient principale de ce succès, c'est à dire la richesse du fond, les entretiens, nous sommes épargnés par la forme, les mouvements de camera.


Pour un retour en avant


 

Le livre s'ouvre sur une présentation par Colinne Serreau, véritable chef-d'orchestre du film. Ensuite, chacun des chapitres est consacré à un ou une intervenant-e. Comme il n'y a pas de montage, le chapitrage permet à chacun-e de développer son point de vue, son analyse de la situation, avec en quelque sorte une thématique par personne.

 

Le militantisme féministe et les conséquences désastreuses de la « révolution verte » sont deux facettes développées dans le film et présentes dans le livre. Cependant, les entretiens qui débutent l'ouvrage diffusent, peut-être sans le vouloir, un certain malaise. Ce malaise porte sur des menaces de pénurie, des famines en Europe.

Ce malaise est vite estompé par les exemples pratiques par delà nos frontières, par delà notre « modèle ». Seront-ils suffisants pour éveiller les consciences des lecteur-trice-s lambda, vaste question.

Avant de clore les entretiens par « repenser la croissance » de Serge Latouche, le livre donne la parole à Antoinette Fouques*, J⋅Claude Michéa et Patrick Viveret qui ne sont pas présent-e-s dans le film.

 

Les dernières pages sont consacrées à une abondante bibliographie et à une liste d'article en ligne pour aller plus loin.

Un livre à dévorer, en laissant de coté la tomate de la couverture.

solution.jpg-★-

 

*Il y a une petite erreur dans son entretien. La phrase de Michel Rocard, encore une fois tronquée, est dans son intégralité : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part. »

  • La revirada lemosina (occitana) se pòt legir aquí